
Quand retourne-t-on voter pour le Parlement ? À un peu plus d'un an de la fin naturelle de la législature la réponse honnête est qu'une date officielle n'existe pas. Il y a toutefois des contraintes que personne ne peut déplacer, deux fenêtres réalistes dont on discute ouvertement à Rome et un seul acteur qui a le dernier mot. Nous les mettons en file, car du mois choisi dépendent aussi certaines échéances pour qui vote depuis l'étranger.
La dix-neuvième législature s'est ouverte avec la première séance des Chambres le 13 octobre 2022. L'article 60 de la Constitution fixe la durée à cinq ans, donc l'échéance naturelle tombe le 13 octobre 2027. L'article 61 ajoute que les nouvelles élections doivent se tenir dans les soixante-dix jours de la fin des Chambres précédentes. Comptes faits, même dans le scénario le plus long possible on vote avant décembre 2027.
Dans la pratique, quand une législature arrive au terme, les urnes s'ouvrent à l'approche de l'échéance et non au dernier jour utile. Le dernier précédent est celui de 2018 : la législature née en mars 2013 s'est close avec le vote du 4 mars, quelques semaines avant les cinq ans pleins.
Beaucoup cherchent les « élections politiques 2028 », mais les politiques ne peuvent pas glisser vers 2028. La seule exception prévue par la Constitution est la prorogation des Chambres par loi en cas de guerre. Ce qui peut glisser dans la nouvelle année, si on votait à la fin de l'automne, c'est le reste de la machine : la première séance du nouveau Parlement arrive dans les vingt jours du vote et après il faut les consultations au Quirinal et la confiance au gouvernement.
L'année 2028 sera quand même une année d'urnes, mais d'un autre type. Retournent au vote la Lombardie, le Latium, le Frioul-Vénétie Julienne, le Molise et les provinces autonomes de Trente et de Bolzano, outre un nouveau tour de municipales au printemps. Le calendrier complet est dans notre article sur les élections en Italie en 2027 et en 2028.
Au printemps 2027 se renouvellent les maires de Rome, Milan, Naples, Turin et Bologne, outre des dizaines d'autres chefs-lieux. Depuis des mois à Palazzo Chigi on raisonne sur un election day qui mette politiques et administratives le même dimanche. Dans les reconstructions des journaux ont circulé diverses dates, parmi lesquelles le 18 avril et le 23 ou le 30 mai 2027, aucune desquelles n'a jusqu'à présent une valeur officielle.
L'argument principal en faveur du printemps est le calendrier des comptes publics. Voter en automne signifie arriver aux urnes précisément pendant que le gouvernement devrait écrire la loi de finances. Pour cela le ministre des Rapports avec le Parlement Luca Ciriani a défini le printemps comme le choix le plus sensé. Selon certaines reconstructions le Quirinal considérerait une anticipation seulement si couplée aux municipales, afin de ne pas appeler les électeurs aux urnes deux fois à quelques mois de distance.
Au sein de la majorité tous ne sont pas d'accord. Le leader de la Ligue Matteo Salvini a dit plusieurs fois vouloir arriver à la fin de la législature, en automne 2027. Également le secrétaire de Forza Italia Antonio Tajani a indiqué comme date juste l'échéance naturelle, laissant ouverte au maximum l'hypothèse d'anticiper d'un ou deux mois. Les oppositions se disent prêtes à n'importe quel moment et dans le Parti démocrate il y a qui, comme Stefano Bonaccini, soutient que plus tôt on vote mieux c'est.
Pas le gouvernement. La dissolution anticipée des Chambres est une prérogative du président de la République, qui selon l'article 88 de la Constitution doit d'abord entendre les présidents de la Chambre et du Sénat. Seulement après la dissolution le Conseil des ministres délibère le décret qui fixe la date. La loi prévoit qu'entre la publication du décret et le vote passent au moins quarante-cinq jours. Traduit : pour voter en avril les Chambres devraient être dissoutes dès février 2027. Quand en Italie commencera à circuler la nouvelle de la dissolution, il manquera environ deux mois aux urnes.
Sur le choix pèse aussi la réforme du système de vote. Le Sénat a approuvé le 15 septembre 2026 la nouvelle loi électorale avec 113 votes favorables et 71 contraires. Le texte est retourné à la Chambre pour la troisième lecture et le vote final est attendu autour du 8 octobre. S'il passe sans autres modifications, on votera avec un système proportionnel corrigé par une prime de gouvernabilité de 70 sièges à la Chambre et 35 au Sénat, qui se déclenche seulement si la même liste ou coalition arrive première dans les deux branches du Parlement avec au moins 42 pour cent des votes. Les listes auront sept candidats, avec le chef de liste bloqué et jusqu'à trois préférences.
Pour les inscrits à l'AIRE le mois du vote change peu dans la substance : aux politiques on vote par correspondance et le pli arrive à domicile sans besoin de demander quoi que ce soit. Change par contre une échéance à noter immédiatement. Qui préfère voter en personne en Italie doit le communiquer par écrit à son consulat avant le 31 décembre 2026 si la législature arrive à l'échéance naturelle. Si par contre les Chambres sont dissoutes en anticipation, le terme devient de dix jours de l'annonce des élections. La nouvelle loi électorale, en outre, redessine la circonscription Étranger : tous les passages sont dans notre guide sur comment votent les Italiens en Suisse aux politiques 2027.
La rubrique Politique mettra à jour cet article dès qu'il y aura la dissolution des Chambres et le décret avec la date. Qui veut recevoir un avis par email quand on vote peut nous écrire à votazioni@tuttoitalia.ch en indiquant commune et région de provenance.